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	<META NAME="GENERATOR" Content="Symantec Visual Page Mac 1.1.1">
	<TITLE>Lib&eacute;ration - Multim&eacute;dia</TITLE>
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<BODY BGCOLOR="FFFFFF" BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#006666" VLINK="#003333">

<TABLE BORDER="0" CELLPADDING="0" CELLSPACING="0" WIDTH="590">
	<TR>
		<TD WIDTH="160" VALIGN="TOP">
			
		</TD>
		<TD WIDTH="20"></TD>
		<TD WIDTH="406">
			<P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="4"> </FONT><FONT SIZE="4" COLOR="#005555">La &laquo;sc&egrave;ne&raquo;
			des hackers (2) Le martyr</FONT></P>
			<P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="5"><B>Kevin Mitnick, Pirate de l&eacute;gende</B></FONT></P>
			<P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="4">Admir&eacute; par les hackers du monde entier, il
			croupit en cellule, &agrave; Los Angeles, depuis f&eacute;vrier 1995.</FONT></P>
			<P ALIGN="CENTER">&nbsp;Par <A HREF="mailto:latrive@liberation.fr">Emmanuelle Richard</A></P>

			<P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="2">Le 20 juillet 1999</FONT>
		</TD>
	</TR>
</TABLE>
<BR>
<IMG SRC="../../images/traits1.gif" WIDTH="600" HEIGHT="9" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0"></P>
<P>
<TABLE BORDER="0" CELLPADDING="0" CELLSPACING="0" WIDTH="591">
	<TR>
		<TD WIDTH="6">&nbsp;</TD>
		<TD WIDTH="160" VALIGN="TOP">
			<P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P>
			<P><FONT COLOR="#330066"><B>Morris, premier <BR>
			&laquo;criminel informatique&raquo;</B></FONT></P>
			<P><FONT COLOR="#330066">C'est l'une des premi&egrave;res victimes de la loi am&eacute;ricaine
			de 1986 sur la criminalit&eacute; informatique. En 1988, Robert Morris, &eacute;tudiant
			&agrave; l'universit&eacute; de Cornell (Etat de New York) et fils d'un ponte de
			la NSA (National Security Agency), est un hacker pur. Passionn&eacute; de programmation,
			il bricole un virus informatique de type &laquo;vers&raquo;. En th&eacute;orie, ce
			virus doit se propager tout seul, se dupliquer d'ordinateur en ordinateur, sans causer
			de dommages. Le 2 novembre, il le l&acirc;che sur le r&eacute;seau. En l'espace de
			quelques jours, ce sont de 10 &agrave; 15 % des 60 000 ordinateurs connect&eacute;s
			&agrave; l'Internet qui sont infect&eacute;s, et une bonne part tombe en carafe,
			effet secondaire impr&eacute;vu. Les machines de la Nasa et de l'arm&eacute;e n'&eacute;chapperont
			pas au fl&eacute;au. Consid&eacute;r&eacute; comme responsable des centaines de milliers
			de dollars de d&eacute;g&acirc;ts, Morris sera condamn&eacute; en 1990 &agrave; trois
			ans de mise &agrave; l'&eacute;preuve, 400 heures de travaux d'int&eacute;r&ecirc;t
			g&eacute;n&eacute;ral et 10 000 dollars d'amende.</FONT></P>

			<P>
			<TABLE BORDER="0" CELLPADDING="0" CELLSPACING="0" WIDTH="100%" HEIGHT="18" BGCOLOR="#CCCCFF">
				<TR>
					<TD WIDTH="100%">
						<P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Helvetica, Arial"><B>LIENS UTILES<BR>
						</B></FONT><BR>
						<FONT FACE="Helvetica, Arial">-Le site de </FONT><A HREF="http://www.kevinmitnick.com/"target="_blank"><FONT
						FACE="Helvetica, Arial">2600</FONT></A>
					</TD>
				</TR>
			</TABLE>

		</TD>
		<TD WIDTH="24">&nbsp;</TD>
		<TD WIDTH="401" VALIGN="TOP">
			<P><B><I>Los Angeles </I>correspondance</B></P>
			<P><IMG SRC="http://www.liberation.com/images/lettrines/q.gif" WIDTH="63" HEIGHT="62" ALIGN="LEFT" BORDER="0">uand
			le matricule 89950-012 du centre de d&eacute;tention &agrave; s&eacute;curit&eacute;
			maximale de Los Angeles d&eacute;croche le t&eacute;l&eacute;phone pour passer ses
			quinze minutes d'appels quotidiens autoris&eacute;s, les gardiens sont sur le qui-vive.
			L'homme, brun et trapu, a la r&eacute;putation de pouvoir d&eacute;clencher des frappes
			nucl&eacute;aires en sifflant trois fois dans le combin&eacute;. Kevin David Mitnick,
			35 ans, est le plus c&eacute;l&egrave;bre pirate informatique du monde. Depuis son
			arrestation en f&eacute;vrier 1995 et sa r&eacute;clusion dans des conditions r&eacute;serv&eacute;es
			aux pires criminels, sa l&eacute;gende n'a fait que cro&icirc;tre: aux yeux du gouvernement
			am&eacute;ricain, il est un <I>&laquo;vandale informatique&raquo;,</I> accus&eacute;
			d'avoir provoqu&eacute; jusqu'&agrave; 80 millions de dollars de d&eacute;g&acirc;ts
			par ses intrusions au sein de Motorola, Nokia ou Sun Microsystems. Pour le grand
			public, il est le pirate <I>&laquo;du mauvais c&ocirc;t&eacute; de la force&raquo;</I>
			d&eacute;crit dans <I>Takedown, </I>best-seller d'un reporter du <I>New York Times</I>
			&eacute;crit en collaboration avec le cyberd&eacute;tective &agrave; l'origine de
			l'arrestation. Les hackers du monde entier, eux, consid&egrave;rent Kevin Mitnick
			comme un martyr.</P>
			<P><B>&laquo;D&eacute;lit de curiosit&eacute;&raquo;. </B><I>&laquo;Le gouvernement
			am&eacute;ricain veut faire de Mitnick un exemple: il est un bouc &eacute;missaire&raquo;,</I>
			affirme Brian Martin <I>alias &laquo;</I>Jericho&raquo;, l'un des hackers les plus
			actifs dans le mouvement de soutien au pirate. Voil&agrave; quatre ans et demi que
			Mitnick croupit en d&eacute;tention: presque deux ans pour possession d'appareils
			interdits et deux ans dans l'attente d'un proc&egrave;s pour effraction informatique.
			En mars, il a n&eacute;goci&eacute; avec la justice am&eacute;ricaine une r&eacute;duction
			des charges retenues contre lui, plaidant coupable envers cinq d&eacute;lits, ce
			qui lui co&ucirc;tera encore un an derri&egrave;re les barreaux et bien des soucis:
			le 26 juillet, Mitnick pourrait &ecirc;tre condamn&eacute; &agrave; verser jusqu'&agrave;
			1,5 million de dollars de d&eacute;dommagement. Un crime que les supporters de Mitnick
			surnomment <I>&laquo;d&eacute;lit de curiosit&eacute;&raquo;</I>: il est entr&eacute;
			par effraction dans les ordinateurs mais rien n'indique qu'il a d&eacute;truit ou
			vendu des informations, note le site KevinMitnick.com.</P>
			<P>
			<TABLE ALIGN="RIGHT" BORDER="0" CELLPADDING="2" CELLSPACING="0" WIDTH="156" HEIGHT="243">
				<TR>
					<TD><IMG SRC="mitnick.jpg" WIDTH="150" HEIGHT="131" ALIGN="MIDDLE"
						ALT="supete_20_mitnickq" BORDER="0"><BR>
						<FONT SIZE="2" COLOR="#777777">Jims Bounds, AP</FONT></TD>
				</TR>
				<TR>
					<TD><FONT SIZE="2" COLOR="#330066" FACE="Helvetica, Arial">Kevin Mitnick entre au tribunal
						de Raleigh (Californie), le 17 f&eacute;vrier 1995. Ses premiers ennuis avec la loi
						remontent &agrave; ses 17 ans, pour vol de manuels informatiques. Sept ans plus tard,
						en 1988, le FBI l'&eacute;pingle pour pillage de logiciels.</FONT></TD>
				</TR>
			</TABLE>
La mobilisation ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave;. Les crois&eacute;s pour la lib&eacute;ration
			du pirate organisent des manifestations, notamment devant les bureaux de Miramax:
			la soci&eacute;t&eacute; de production va sortir un thriller inspir&eacute; de <I>Takedown,</I>
			tenu responsable par les hackers de la diabolisation de Mitnick. D'autres hackers,
			comme Brian Martin, aident les avocats de Mitnick &agrave; &eacute;plucher les documents
			techniques: ils cherchent &agrave; prouver que le montant des d&eacute;dommagements
			avanc&eacute; par le gouvernement est arbitraire et tr&egrave;s exag&eacute;r&eacute;.
			Il y a enfin les jeunes qui vendent des T-shirts pour le fonds de soutien au pirate,
			distribuent des tracts, sans compter les milliers de fans &agrave; travers le monde
			qui placent sur leur site le d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bre bandeau jaune
			<I>&laquo;Free Kevin&raquo;</I> et l'horloge du temps de d&eacute;tention de leur
			martyr.</P>
			<P><B>Peu rancunier. </B><I>&laquo;Je n'avais jamais vu des hackers s'organiser de
			cette fa&ccedil;on avant la cause Mitnick&raquo;,</I> dit Doug Thomas. Cet ancien
			hacker, devenu professeur et chroniqueur pour les sites <I>WiredNews</I> et <I>Online
			Journalism Review</I>, est le seul, avec le journaliste Adam Penenberg, de <I>Forbes,</I>
			&agrave; s'entretenir avec Mitnick au t&eacute;l&eacute;phone, le pirate n'ayant
			droit qu'aux visites de son avocat. D&eacute;crit comme peu rancunier et dot&eacute;
			d'humour, le pirate ne comprend pas toute cette agitation. En septembre, quand des
			hackers ont pirat&eacute; le site du <I>New York Times</I> pour insulter le journaliste
			John Markoff, auteur de <I>Takedown,</I> Mitnick n'a pas appr&eacute;ci&eacute;.
			Il a dit &agrave; Doug Thomas avoir appris la nouvelle &agrave; la radio: <I>&laquo;C'&eacute;tait
			du genre: &quot;Le journal a &eacute;t&eacute; pirat&eacute; en soutien au cyberterroriste
			Kevin Mitnick, dont les actes ont caus&eacute; des millions de dollars de dommages,
			etc.&quot; Il s'est dit: &quot;Mon Dieu, comme si j'avais besoin de cela!&quot;&raquo;</I></P>
			<P>Sans la mauvaise presse, estiment les hackers, Mitnick n'en serait pas l&agrave;:
			<I>&laquo;Les autorit&eacute;s ne s'int&eacute;ressaient pas &agrave; lui avant que
			Markoff dise &agrave; la une du </I>New York Times<I> qu'il &eacute;tait malveillant,
			qu'il avait infiltr&eacute; les ordinateurs de Norad </I>(centre de commande qui
			assure la d&eacute;fense du continent nord-am&eacute;ricain, ndlr) <I>et autres mensonges&raquo;,
			</I>dit Brian Martin. <I>&laquo;En &eacute;crivant ensuite que les forces de l'ordre
			&eacute;taient stupides, car incapables d'arr&ecirc;ter Mitnick, il les a incit&eacute;es
			&agrave; r&eacute;agir.&raquo;</I> Doug Thomas pr&eacute;cise que de grosses erreurs
			nourrissent le mythe Mitnick, notamment celle du piratage de Norad, qui aurait inspir&eacute;
			le film <I>War Games</I>. Mitnick a ni&eacute;, un porte-parole du centre de commande
			aussi et, confront&eacute; sur ce point, Markoff a avou&eacute; n'avoir jamais v&eacute;rifi&eacute;
			l'information pass&eacute;e par <I>&laquo;un ami de Mitnick&raquo;</I>. Mais Mitnick
			en veut avant tout &agrave; Markoff d'avoir &eacute;crit qu'il avait vol&eacute;
			de l'argent &agrave; sa m&egrave;re, une serveuse de Las Vegas, pour payer les chambres
			de motels d'o&ugrave; il op&eacute;rait: <I>&laquo;Cette fable lui fait bien plus
			de mal que toutes les autres&raquo;, </I>assure Thomas.</P>

			<P>Mitnick reconna&icirc;t avoir pass&eacute; la plus grande partie de sa vie en
			<I>&laquo;intrus des r&eacute;seaux&raquo;</I>. Ses premiers ennuis avec la loi remontent
			&agrave; l'&acirc;ge de 17 ans, pour vol de manuels informatiques. Sept ans plus
			tard, en 1988, le FBI l'&eacute;pingle pour pillage de logiciels. <I>&laquo;Il estime
			que sa peine aujourd'hui est disproportionn&eacute;e&raquo;,</I> dit Thomas. Dans
			les trois ann&eacute;es qui suivront sa sortie de prison, il n'aura pas le droit
			de toucher un ordinateur ou un t&eacute;l&eacute;phone cellulaire. <I>&laquo;Avec
			cette affaire, le gouvernement a voulu envoyer un message &agrave; tous les hackers,</I>
			dit Brian Martin, <I>mais elle a surtout contribu&eacute; &agrave; nous diaboliser
			tous.&raquo;</I>.
		</TD>
	</TR>
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</P>
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<P ALIGN="CENTER"><A HREF="../index.html">Sommaire Multim&eacute;dia</A></P>
<P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="2"><TT>&copy;</TT></FONT><A HREF="http://www.liberation.com"
target="_top"><FONT SIZE="2"><TT>Lib&eacute;ration</TT></FONT></A></P>
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